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VII - Château de Cassan

VII - Château de Cassan
AdresseL’Isle-Adam, France
Année de conception1905-1908 (?)
État actueldétruit en 1960

Le domaine de « Châteaupré » appartenait, au XVIe siècle, à Guillaume de Rangon. La veuve de ce dernier, Anne Dauvergne, se remarie, le 11 juillet 1567 (devant les notaires de la châtellenie de Pontoise), avec Philippe de Cassant, gentilhomme piémontais, certainement parvenu à la cour de France par l’entremise de Catherine de Médicis, épouse du roi Henri II. Il se fait naturaliser français (par lettres patentes du roi Henri III de mars 1583, enregistrées à la Chambre des comptes) et donne le nom de « Cassan » au domaine. En 1708, François III de Cassan épouse Reine Geneviève Bergeret. En 1778, Pierre Jacques Bergeret de Grancourt (1742-1807), receveur général des finances, devient propriétaire du domaine. Ce sont donc diverses constructions qui se font jour au fil des siècles et nous savons que plusieurs pavillons ont été édifiés à la fin du XVIIIe siècle. C’est en 1903 que le financier Jacques Bejot (1865-1957) acquiert le terrain pour y construire un nouveau château.

Il semble qu’un château d’origine fut détruit en 1905 et remplacé par le bâtiment de Sergent. Le chantier dura plusieurs années, probablement entre 1905 et 1908. René Sergent conçoit ici un plan qui se dévoile en un rectangle allongé. Les deux façades principales sont parallèles et longues, tout en s’orientant au sud et au nord. La façade sud concerne l’entrée principale du château. Elle présente quatre travées latérales uniformes, tandis que la saillie du corps central est valorisée par l’emploi de quatre colonnes engagées corinthiennes. La verticalité de la façade s’intensifie par l’ajout de hauts pots à feu placés au-dessus de la balustrade. Notons également que cette façade principale est quelque peu enterrée. La silhouette régulière et la travéation répétitive et uniforme du décor sont à rapprocher, comme le suggère Michel Steve, du château des Boulayes à Châtres, dessiné par Nicolas-Claude Girardin au XVIIIe siècle ; toutefois, il faut davantage voir ici le témoignage direct de l’influence de l’hôtel du Châtelet, construit par Mathurin Cherpitel à partir de 1770. On retrouve notamment dans ce modèle la travéation répétitive et uniforme sur les côtés, l’usage de colonnes corinthiennes engagées pour signifier la saillie du corps central, mais également l’emploi de pots à feu au-dessus de la balustrade.

La façade nord donne sur les jardins et le parc. Sergent opte, sur cette façade, pour des pans coupés liés à la logique du plan intérieur et non pour la mise en place d'un ordre précis, comme sur la façade sud.  Ici, l’emploi des pans coupés est à rapprocher de l’avant-corps à pans coupés de la façade sur jardin de l’hôtel du Châtelet. Le décor, quant à lui, est identique sur toutes les travées des deux façades. Sergent s’adonne aussi à la conception d’autres éléments pour le domaine, comme les dépendances et la grille. Cette dernière peut d’ailleurs être rapprochée, à nouveau, de celle du château des Boulayes à Châtres, dessinée par Nicolas-Claude Girardin au XVIIIe siècle. Michel Steve suggère un emprunt au petit château de Choisy avec le plan de sa façade repris dans celui de la façade côté parc à Cassan, tout comme le dessin des ouvertures de l’étage serait également emprunté à Choisy. Néanmoins, nous suggérons tout de même l'importance du modèle de la façade sur jardin de l’hôtel du Châtelet qui présente lui aussi, comme nous l’évoquions, un avant-corps à pans coupés.

La distribution intérieure se laisse deviner assez aisément au vu du plan allongé et rectangulaire. Les salles de réception se situent au rez-de-chaussée. Les appartements privés se trouvent à l’étage et sont desservis par un important escalier.

Le château est touché par des bombardements en 1944. Laissé à l’abandon, sa démolition est décidée en 1960. Le parc est ensuite vendu à un promoteur qui entreprend, à partir de 1970, la réalisation d’un lotissement de 500 pavillons.