XIV - Château de Croissy Colbert
Plusieurs châteaux se sont succédé à Croissy. Le château original fut détruit par les Armagnacs durant la guerre de Cent Ans. En 1573, le château est la demeure du marquis de Coeuvres, qui sans doute le fait rebâtir dans le style alors en vogue. C’est en 1656 qu’il passe entre les mains de la famille Colbert. Cette dernière le modifie et l’agrandit en le mettant au goût du jour, selon des plans de Robert de Cotte. En 1686, le parc et le château présentent une nouvelle disposition. Nous savons qu’au XIXe siècle, le château a été gravement dénaturé. Michel Steve suggère que la grande aile en retour sur cour semble avoir été détruite et que les tours de la façade principale ont été arasées au rez-de-chaussée. On retrouve alors plusieurs détails de façade plaqués sur l'édifice dans un style néoclassique, loin de son aspect au XVIIe siècle.
Des doutes persistent sur la date d’intervention de René Sergent au château de Croissy-Colbert. Comme le suggère Michel Steve, elle doit être postérieure à 1905 et antérieure à 1914. C’est sans doute à la fin du XIXe siècle que le château devient la propriété de la famille Puerari ; il fait alors l’objet d’un important projet de rénovation, entraînant de facto de nombreuses modifications. On imagine aisément que l’intervention et l’approche de Sergent fut ici résolument archéologique. Il s’agissait pour l’architecte de revenir à l’expression même du caractère du château au XVIIe siècle sur l’aile principale, et donc de restaurer les grandes lignes de la composition originelle de manière à en rendre à nouveau l’harmonie d'ensemble. Comme le rappelle Michel Steve, un dessin de la collection Duchêne laisse suggérer cette hypothèse : les tours sont reconstruites et alignées sur les faîtages du corps central, tandis que les décorations antérieures sont remplacées par de solides moulures et chaînages.
Le château a subi une importante destruction le 17 août 1944, lorsque les troupes allemandes qui l’occupaient l’ont incendiées au moment de leur départ. Encore aujourd’hui, il est en état d’abandon, même si les murs ont résisté à l’incendie et au temps.